Puff rechargeable : comment ça marche et ce que ça change

Mis à jour le 31 août 2026

La puff jetable n’est plus vendable en France depuis le 26 février 2025. Ce qui l’a remplacée sur nos étagères porte un nom qui prête à confusion : dans « puff rechargeable », le mot rechargeable ne désigne pas d’abord la batterie. C’est la cartouche remplaçable qui rend l’appareil légal, et c’est elle aussi qui décide de ce que le produit vous coûtera sur l’année.

Ce qu’il y a vraiment dans l’appareil

Une puff rechargeable se sépare en deux morceaux. Le corps contient une batterie lithium-ion, un port USB-C et, sur les modèles récents, un petit écran qui affiche le niveau de charge, parfois celui du liquide restant. La cartouche se clipse sur le dessus : un réservoir de 2 ml au maximum, avec la résistance et l’embout intégrés dedans. Quand le goût faiblit ou que le réservoir est vide, on retire la cartouche, on en pose une autre, et le corps reste en service.

Le liquide de ces cartouches est presque toujours formulé en sels de nicotine, dosé à 20 mg/ml au plus. Le volume de 2 ml et ce plafond de 20 mg/ml viennent tous les deux de la réglementation européenne reprise au code de la santé publique. Ces deux chiffres s’imposent à tous les modèles du marché, sans exception.

Restent les nombres imprimés sur les boîtes : 7 000, 12 000, 28 000. Ils annoncent un cumul calculé par le fabricant pour le corps et ses recharges successives, pas la capacité d’une cartouche. Un réservoir de 2 ml tient quelques centaines de bouffées, pas des milliers. Le JNR Falcon 28000 vendu 12,99 € n’est donc pas un appareil qui délivre 28 000 bouffées avant d’être jeté, c’est un corps prévu pour enchaîner les cartouches. Même logique pour le Cristal Puff 28K à 9,99 €, le Wpuff Fusion 2.0 de Liquideo à 9,99 €, le So Good Ghost 12K à 11,99 € ou le Tornado 7000 à 5,99 €.

Pourquoi ce format est autorisé et l’autre non

La loi n° 2025-175 du 24 février 2025, en vigueur le 26 février, a créé l’article L. 3513-5-1 du code de la santé publique. Il interdit la détention en vue de la vente, la mise en vente, la vente, la distribution et l’offre gratuite des dispositifs de vapotage « préremplis avec un liquide et ne pouvant être remplis à nouveau ». Le texte vise le réservoir, pas la pile. Une puff dont la batterie se recharge en USB mais dont le réservoir est scellé reste interdite, au même titre qu’une jetable de première génération. Les cartouches, elles, sont expressément exclues du champ de l’interdiction.

Aucun délai d’écoulement des stocks n’a été accordé, et les sanctions vont jusqu’à 100 000 €, 200 000 € en récidive. Voilà pourquoi notre rayon jetable a disparu en une journée, sans solde de fin de série. Le contenu exact du texte, sa définition du prérempli non remplissable et son application aux appareils déjà achetés sont détaillés dans notre page sur ce que dit précisément la loi de février 2025. Pour la photographie du marché tel qu’il s’est réorganisé depuis, nous tenons à jour un état des lieux de ce qui reste vendable aujourd’hui.

Appareil Réservoir Statut au 31 août 2026
Puff jetable classique prérempli, scellé vente interdite
Puff à batterie rechargeable, réservoir scellé prérempli, scellé vente interdite
Puff à cartouche remplaçable cartouche interchangeable vente autorisée
Pod ou kit rempli par l’utilisateur flacon d’e-liquide vente autorisée

Au quotidien, ce que ça change

Le premier changement est trivial et revient sans arrêt dans les questions clients : il faut penser au câble. L’appareil se branche en USB-C et remonte à pleine charge en moins d’une heure sur un port d’ordinateur. Nous déconseillons le chargeur rapide de téléphone et la charge de nuit sans surveillance, deux habitudes qui fatiguent les petites batteries de ce format. Les temps de charge réels, la durée de vie en cycles et les signes qui annoncent la fin sont réunis dans notre page sur la charge et l’entretien de la batterie.

Le second changement est plus contraignant : les cartouches ne circulent pas d’une marque à l’autre. Une cartouche Cristal Puff ne se monte pas sur une So Good Ghost, et une recharge Gorilla X ne va sur rien d’autre qu’un JNR. Chaque gamme a son rayon chez nous, avec les cartouches Cristal Puff qui comptent huit références, la gamme JNR Gorilla qui en compte dix et les recharges So Good Ghost qui en comptent neuf. Vérifiez le nom inscrit sur le corps avant de commander ; le tableau de correspondance complet est sur notre page qui explique quelle recharge va sur quel modèle.

Troisième point, moins visible : vous gérez deux consommables au lieu d’un objet unique, et une saveur retirée du catalogue peut vous obliger à changer de gamme entière, corps compris.

Le calcul qui fâche : le prix du millilitre

C’est ici que la puff rechargeable montre sa limite, et nous préférons le dire avant la commande. Une cartouche vous fait payer un accessoire complet, résistance et embout, pour 2 ml de liquide au maximum. Un flacon d’e-liquide vous fait payer le liquide seul. L’écart n’est pas discutable.

Ce que vous achetez Prix relevé Liquide obtenu Coût du millilitre
Cartouches Cristal Puff 28K, lot de 8 5,99 € 16 ml au maximum au moins 0,37 €
Recharge So Good Ghost 12K/24K 7,90 € 2 ml au maximum au moins 3,95 €
Cartouche Gorilla X livrée avec un flacon JNR de 10 ml 6,90 € 10 ml environ 0,69 €
E-liquide JNR 10 ml en sels de nicotine 20 mg/ml 3,39 € 10 ml 0,34 €
Fiole Vape Sauce 50 ml complétée d’un booster 5,75 € + 0,99 € 60 ml après ajout du booster environ 0,11 €

Entre la recharge Ghost vendue à l’unité et la fiole boostée, le rapport dépasse trente contre un. Il reste vrai avec la fiole Bio Bio Pure France à 6,95 €, qui donne 60 ml pour 7,94 € une fois le booster ajouté. Nos grands formats de 50 ml sont livrés sans nicotine et se complètent avec un booster à 0,99 € ; les flacons de 10 ml déjà nicotinés évitent cette manipulation pour un coût au millilitre trois fois plus élevé.

Une ligne du tableau sort du lot : la cartouche Gorilla X est vendue avec son flacon de 10 ml, ce qui suppose qu’on la remplit. C’est le compromis le plus honnête du rayon puff, et c’est aussi celui qui rapproche le plus ce format d’un pod ordinaire.

Puff rechargeable ou pod : notre position

Un pod rechargeable, c’est le même principe poussé d’un cran : un réservoir qu’on remplit soi-même avec le flacon de son choix, et une résistance qu’on remplace seule quand elle s’use. Le vocabulaire du rayon, pod, clearomiseur, box, tirage MTL ou DL, est démêlé dans notre page qui compare les formats de matériel entre eux. Voici les deux familles côte à côte.

Critère Puff rechargeable Pod rechargeable
Prix du matériel 5,99 € à 12,99 € 1,99 € pour un eGo-T CE4, 24,90 € pour un Voom Multipod, 39,90 € pour un Aspire Revolto
Coût du millilitre 0,37 € à 3,95 € selon la gamme 0,11 € à 0,34 €
Choix des saveurs celles de la gamme du corps tout le rayon e-liquides, 171 références
Geste à faire clipser une cartouche remplir le réservoir, changer la résistance
Réglages aucun sur la plupart des modèles puissance et tirage selon les kits
Ce qui part à la poubelle la cartouche entière, résistance comprise la résistance seule

Notre lecture est simple. Pour un fumeur qui sort du jetable et qui veut zéro manipulation, la puff rechargeable fait le travail : elle coûte moins de 13 € à l’achat et elle ne demande rien d’autre qu’un câble. Pour un usage quotidien et soutenu, elle devient chère très vite ; passé deux cartouches par semaine, un kit à 24,90 € et des flacons de 50 ml sont amortis en quelques semaines. Nous vendons les deux, et nous n’allons pas prétendre que la première solution est économique alors que le tableau dit le contraire. Le reste du matériel se trouve dans notre rayon cigarette électronique, qui va du kit à 1,99 € à l’Innokin CoolFire Z60 avec Zlide Top à 49,99 € et à la Geekvape Aegis Legend 3 à 54,99 €.

À qui s’adresse ce matériel

La vente de ces produits est interdite aux moins de 18 ans. Ils s’adressent à des fumeurs adultes : le liquide contient de la nicotine, qui crée une dépendance, et le vapotage n’a rien d’anodin. Les autorités sanitaires françaises considèrent la vape comme une aide possible au sevrage pour un fumeur, sans aucun intérêt pour une personne qui ne fume pas. Si votre objectif est d’arrêter, Tabac info service au 39 89 vous mettra en relation avec un tabacologue, gratuitement, et c’est un meilleur point de départ qu’une fiche produit.

Un rappel utile pour finir sur le cadre d’usage : vapoter est interdit dans les établissements scolaires, dans les transports collectifs fermés et dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.

Vos questions

Une puff rechargeable risque-t-elle d’être interdite à son tour ?

Rien dans le droit actuel ne va dans ce sens. L’article L. 3513-5-1 vise les dispositifs préremplis non remplissables et exclut explicitement les cartouches, donc les appareils à cartouche remplaçable restent hors du champ. Nous ne pouvons pas préjuger d’un texte futur, mais au 31 août 2026 la vente est parfaitement légale.

Les e-liquides vont-ils être taxés ?

L’article 23 du projet de loi de finances 2026 prévoyait une accise de 0,03 €/ml jusqu’à 15 mg/ml et 0,05 €/ml au-delà, doublée d’une interdiction de la vente en ligne et d’un agrément obligatoire pour les boutiques. Cet article a été supprimé du texte final lors du recours au 49.3 du 20 janvier 2026. Au 31 août 2026, il n’existe ni accise sur la vape, ni agrément, et la vente en ligne reste autorisée.

Combien de temps tient une cartouche ?

Aucun chiffre unique ne vaut pour tout le monde, la consommation varie du simple au triple selon la fréquence des bouffées. Le repère fiable est le volume : une cartouche contient 2 ml au maximum, soit un cinquième d’un flacon de 10 ml. Si vous savez à quelle vitesse vous videz un flacon, vous connaissez déjà votre rythme de recharges.

Peut-on remplir soi-même une cartouche vide ?

Cela dépend de la gamme. Certaines cartouches sont conçues pour être réalimentées et sont d’ailleurs vendues avec un flacon, comme la Gorilla X. Les autres sont fermées : forcer l’ouverture donne des fuites, un goût de brûlé et une résistance noyée, pour économiser quelques euros. La loi encadre la vente de ces dispositifs, pas la façon dont vous utilisez le vôtre, mais mécaniquement le résultat est rarement bon.

Que faire du corps quand la batterie ne tient plus ?

Jamais la poubelle ordinaire : il y a une batterie lithium à l’intérieur, et une batterie écrasée dans un camion de collecte peut prendre feu. L’appareil relève des déchets d’équipements électriques, avec les bacs de reprise disponibles dans les enseignes qui vendent des piles et en déchetterie. Les cartouches usagées suivent le même chemin, car elles contiennent la résistance.

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