Tubeuse à piston ou à vis sans fin : ce qui change vraiment
Deux fumeurs achètent une tubeuse électrique le même jour. L’un paie 25 €, l’autre 89 €. Six mois plus tard, le premier a jeté sa machine et refume des paquets, le second tube toujours. La différence tient à une pièce grosse comme le pouce : le système qui pousse le tabac dans le tube.
Il en existe deux, et ce choix compte davantage que la marque, la couleur ou le nombre de molettes de réglage.
La vis sans fin, ou le tabac qu’on maltraite
C’est le système des machines à 20 ou 30 €. Une hélice métallique, souvent appelée ressort ou tire-bouchon, tourne dans un tube et entraîne le tabac vers l’injecteur, exactement comme la vis d’un hachoir à viande.
Le procédé est simple, robuste et bon marché. Il a un défaut de conception dont aucune marque ne se sort : en tournant, la vis coupe les brins et les échauffe. Le tabac arrive dans le tube haché fin et tassé serré. La cigarette tire mal, brûle vite et laisse des cendres qui s’envolent au moindre courant d’air.
Les fabricants ajoutent des molettes de réglage graduées de 1 à 5 censées doser le tassage. Nous les avons toutes essayées : entre la position 1 et la position 5, l’écart est à peine perceptible. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est que le problème vient du principe, pas du réglage.
Autre conséquence : le moteur chauffe. La plupart de ces machines demandent une pause de deux minutes toutes les dix cigarettes, faute de quoi la vis se déforme. C’est d’ailleurs la panne la plus fréquente du rayon, et heureusement la pièce se remplace en cinq minutes.
Le piston, ou le geste de la machine manuelle
Le tabac est cette fois poussé par une pièce plate qui glisse, comme le levier d’une tubeuse manuelle mais actionné par un moteur. Les brins ne sont ni coupés ni chauffés, ils sont simplement déplacés puis comprimés d’un coup dans le tube.
Le résultat se voit immédiatement. La cigarette est ferme sur toute sa longueur, sans le bouchon de tabac haché qu’on trouve près du filtre avec une vis. Elle tire comme une industrielle et la cendre tient. À l’usage, la différence la plus parlante n’est même pas là : c’est le taux de tubes ratés, qui tombe pratiquement à zéro.
La contrepartie tient en deux points. Le prix d’abord, 89 € pour une Powermatic 2+ contre 22,90 € pour une Champ. L’exigence sur le tabac ensuite : un piston veut un taux d’humidité entre 13 et 15 %. Trop sec, le tabac ne se compacte pas et le tube reste mou. C’est pour cela que la question de l’humidité revient si souvent dans nos commentaires, presque toujours de la part de possesseurs de machines à piston.
Le tableau, sans langue de bois
| Vis sans fin | Piston | |
|---|---|---|
| Prix | 20 à 50 € | 89 à 690 € |
| Qualité de la cigarette | Moyenne | Proche de l’industrielle |
| Tubes ratés | Fréquents | Rares |
| Pause de refroidissement | Toutes les 10 cigarettes | Toutes les 20 à 30 |
| Sensible au tabac sec | Peu | Beaucoup |
| Pièce d’usure | La vis, 5 € | Le piston, rarement |
| Durée de vie observée | 1 à 3 ans | 5 ans et plus |
Les modèles à piston, du plus abordable au plus sérieux
La Powermatic 2+, à 89 €, est la machine que nous vendons le plus depuis dix ans. Moteur breveté, châssis lourd, cigarettes régulières. Elle n’a pas de réservoir de série, ce qui oblige à recharger souvent, et un réservoir XL existe pour y remédier. C’est aussi la seule machine du marché dont nous vendons chaque pièce séparément, du moteur à la carte mère : au bout de cinq ans, elle se répare au lieu de partir à la benne.
La Powermatic 4, à 94,90 €, reprend le même principe dans un format plus compact.
Pour les tubes fins, la Minimatic Slim à 99,90 € reste la seule machine à piston capable de tuber en 6,5 mm. L’injecteur y travaille dans un diamètre réduit et chauffe plus vite : prévoyez une pause toutes les dix à quinze cigarettes. Voyez notre page sur les tubes slim avant de vous décider.
Au-dessus, on entre dans l’automatique. La Powermatic 3+ à 245 € tasse et éjecte seule, sans pause de refroidissement. La Powermatic 5 et la Black Pearl 2 tournent autour de 330 €. Les tests détaillés de chaque modèle, avec nos notes, sont dans le comparatif des tubeuses électriques.
Alors, laquelle acheter
Sous dix cigarettes par jour, une vis sans fin fait le travail et se rentabilise en trois semaines. Au-delà, elle vous fatiguera avant de vous ruiner : la cadence est bonne mais la qualité reste moyenne, et la machine s’use.
À vingt cigarettes par jour, une machine à piston à 89 € est amortie en un peu plus de deux mois si l’on compare au prix d’un paquet de marque. Le calcul complet est dans notre page budget.
Si vous découvrez le sujet, le guide complet du tubage reprend tout depuis le début, machine, tubes et tabac.
Il reste un cas où la question ne se pose pas : si vous tubez trois paquets par semaine à deux dans le foyer, seule une automatique évitera que la corvée devienne pesante.
Toutes les machines de cette famille sont réunies dans le rayon tubeuses électriques à piston, et l’ensemble du catalogue dans tubeuses électriques. Si le geste manuel ne vous dérange pas, les machines manuelles utilisent toutes un piston, pour quelques euros.
Vos questions
Une machine à piston fait-elle vraiment de meilleures cigarettes ?
Oui, et la différence se voit à l’œil. Une cigarette tubée au piston a une densité régulière du filtre à la pointe. Avec une vis, le tabac est plus dense près du filtre et plus lâche au bout.
Peut-on transformer une vis sans fin en piston ?
Non. Ce sont deux architectures différentes, le châssis, le moteur et l’injecteur n’ont rien de commun.
Pourquoi ma machine à piston laisse-t-elle des tubes à moitié vides ?
Neuf fois sur dix, le tabac est trop sec. Il ne se compacte pas et le piston pousse du vide. Un jour dans un pot fermé avec une pierre humidificatrice règle le problème.
Votre avis nous intéresse
Une machine, un tabac ou une astuce qui manque à l’appel ? Les commentaires sont ouverts, et c’est en grande partie grâce à eux que ces pages s’améliorent.
